Michel BUSSI - N'oublier jamais
N'oublier jamais
  • Éditions Presse de la Cité, Pocket
  • Date : Presse de la Cité 2014, Pocket 2015
  • Pages : 544
  • ISBN : 9782266254571
  • Prix : 7,80 €

Informations Éditeurs

À Yport, parti courir sur la plus haute falaise d’Europe, Jamal a d’abord remarqué l’écharpe, rouge, accrochée à une clôture. Puis la femme, incroyablement belle, la robe déchirée, le dos face au vide, les yeux rivés aux siens. Jamal lui tend l’écharpe comme on tend une bouée.

Quelques secondes plus tard, sur les galets glacés de la plage déserte, gît le corps inerte de l’inconnue. À son cou, l’écharpe rouge.

Tout le monde pense qu’il l’a poussée. Il voulait simplement la sauver.

C’est la version de Jamal. Le croyez-vous ?

Notre Avis

À Yport, parti courir sur la plus haute falaise d’Europe, Jamal a d’abord remarqué l’écharpe, rouge, accrochée à une clôture. Puis la femme, incroyablement belle, la robe déchirée, le dos face au vide, les yeux rivés aux siens. Jamal lui tend l’écharpe comme on tend une bouée. 
Quelques secondes plus tard, sur les galets glacés de la plage déserte, gît le corps inerte de l’inconnue. À son cou, l’écharpe rouge. 
Tout le monde pense qu’il l’a poussée. Il voulait simplement la sauver. 
C’est la version de Jamal. Le croyez-vous ?

Comme le dit très justement Sophie dans sa critique de « Un avion sans elle », les américains ont Coben, nous, nous avons Bussi. Même capacité à nous immerger dans une intrigue à priori impossible, tortueuse à souhait, avec des personnages de la vie de tous les jours, « proches » de nous, qui sonnent « justes » et qui font « vrais. ».

Ce qui n’est pas le cas de l’intrigue. Non pas qu’elle ne soit pas satisfaisante dans son ensemble ou dans son déroulement, tout ce qui est écrit est possible, plausible dirons-nous, mais reste (très) hautement improbable. Michel Bussi étant un très bon page turner, on ne s’ennuie pas un seul instant, on enquille les chapitres, on bouffe les pages, on dévore le livre d’une traite mais on ne peut s’empêcher de garder à l’esprit une interrogation qui se fait de plus en plus pressante à mesure que les feuilles s’envolent : « Mais Nom de Dieu, comment va-t-il résoudre tout ça ?! »

C’est là je pense la limite de « N’oublier jamais. » Selon votre degré de tolérance, votre humeur du moment, et votre capacité à « avaler des couleuvres », vous apprécierez ou non ce Bussi là. L’auteur va tellement loin dans le déroulement et les rebondissements de son intrigue qu’il lui faut forcément à un moment donné « raccrocher les wagons », ce qui ne va pas sans poser quelques problèmes de vraisemblance sur la fin. Ce qui jette, par extension, un voile de vraisemblance sur le livre dans son ensemble. « N’oublier jamais » est le genre d’intrigue que Michel Bussi affectionne, un récit qu’il pousse dans ses retranchements avec en prime une résolution plus ou moins satisfaisante, «tarabiscotée ». Ce qui nous ramène à certains romans de Coben, justement.

On aimerait également que l’histoire se termine « pour de bon » mais là aussi, l’auteur semble victime du syndrome du « toujours plus », multipliant les rebondissements et les révélations jusqu’à plus soif. Vraisemblance, vous disais-je…

Alors certes, le roman est très efficace de par son intrigue malgré tout habile et le rythme rapide imposé mais je me demande finalement si je ne préfère pas le Bussi de « Nymphéas noirs », plus posé, peut-être plus réfléchi, et surtout imprégné d’une atmosphère particulière, d’un charme unique que n’ont pas « N’oublier jamais » ni « Un avion sans elle » par exemple. L’intrigue de « Nymphéas noirs » est toute aussi mystérieuse mais me semble plus aboutie. Et pour ma part surtout, plus vraisemblable.

J’ai pourtant pris beaucoup de plaisir à la lecture de « N’oublier jamais » et de « Un avion sans elle » mais paradoxalement, en refermant les livres, je suis resté avec des appréciations en demie teintes. Questions de goûts, sans doute.

Ça reste en tout cas très bien écrit et ceux qui aiment Harlan Coben y trouveront largement leur compte. Ils y verront sans doute le parfait roman de l’été, celui qui se lit d’une traite, à l’ombre d’un parasol, qui se déguste sans modération comme un Mojito très frais siroté une paille entre les lèvres.

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